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            LES VOYAGES D'ALIZÉ
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Alizé

Choix du bateau et budget
 


1) Recherche du bateau

Lorsque j'ai atteint 35 ans, je me suis promis d'être en route lorsque je fêterais ma quarantaine. Mon budget ultra serré a très fortement orienté mon choix. Il m'a fallu 5 mois de recherches (juin à octobre 2003) et visiter de nombreux canot avant de trouver Alizé. Résidant à l'époque dans le sud de la France, je me suis établi quelques temps chez une amie en Touraine (Merci la Belle) pour visiter des unités en Manche et Atlantique car les bateaux sont nettement moins chers là bas que sur le littoral Méditerranéen. J'ai également fais pas mal de recherches sur internet et lorsque je suis tombé sur l'annonce d'Alizé dans un magazine spécialisé, j'avais planifié de partir deux semaines plus tard aux USA car il y a beaucoup de bateaux là bas et le marché de l'occasion est vraiment intéressant. Je reconnais que j'ai eu un véritable coup de cœur en voyant le bateau, bien que je l'ai toujours trouvé petit de l'intérieur et qu'il n'ai pas de jupe ou de plage arrière, ce qui est un point important pour un bateau de voyage. J'aurais aimé une cabine de plus, mais pour cela, à longueur de coque égale, il m'aurait fallu trouver un bateau de conception récente et cela n'entrait pas dans mon budget. Idéalement, mon bateau devrait mesurer un mètre de plus en longueur et largeur. Il serait certainement plus lent mais certainement plus confortable. Le fait qu'il ne soit pas inscrit en 1 ère catégorie m'a également un peu gratouillé, mais j'ai appris en lisant la réglementation maritime que des dérogations sont accordées pour des navigations ponctuelles et qu'il suffit (si le bateau répond aux exigences de sécurité et d'armement) de faire une demande dûment motivée auprès du quartier des affaires maritimes où je me trouverai avant de partir. La deuxième catégorie me suffit jusqu'à la Réunion et là bas je m'organiserai. En dehors de toutes ces considérations, j'ai surtout eu une très bonne impression du vendeur et j'ai décidé d'avoir confiance en lui. J'ai également rencontré l'antépénultième propriétaire (je dis antépénultième pour être poli, mais moi qui le connais je peux aussi l'appeler Gérard) et c'est lui qui a réalisé les dernières grosses transformations (capote, support du radar et garde robe). Il m'arrive encore de l'appeler de temps en temps pour lui demander des précisions sur le moteur, le circuit électrique ou certains aspects techniques de la conduite du bateau. Mon incapacité pratiquement physiologique au travaux manuels m'interdisait l'achat à très bas prix d'une coque « à retaper ». J'ai essayé le bateau pendant 48 heures avec le propriétaire et celui-ci a insisté pour sortir Alizé de l'eau afin que je voie la coque avant de lui faire un chèque. Lors de l'essai, le vent n'a pas dépassé la force trois et la mer était belle, ce qui ne m'a pas permis de remarquer les fuites du pont, car pas une vague n'est venue le balayer. En revanche, une des caractéristiques du bateau qui sous les latitudes Nord n'est pas particulièrement remarquable mais qui devrait se révéler fort intéressante sous les tropiques est la taille de son cockpit : plus de deux mètres de long. Je pourrais m'allonger et dormir à l'aise sous les étoiles… Enfin et surtout, le bateau possède cette belle et protectrice capote et les bancs du cockpit sont équipés de caillebotis, ce qui évite à l'eau de stagner et évite d'avoir systématiquement le cul trempé à la moindre vaguelette qui embarque dans le dit cockpit. Pour les longs quarts dehors, c'est indispensable. A chaque fois qu'une vague vient cingler la capote plutôt que mon visage j'ai une pensée reconnaissante pour Gérard.

 

2) Préparation

Après avoir effectué une première navigation en équipage de Carentan (ou j'ai acheté Alizé) jusqu'à St Malo via Guernesey et Ouessant, devant l'ampleur des éléments en ce mois de décembre 2003 et après avoir « touché » en arrivant sur Guernesey, j'ai décidé de mettre Alizé au sec pour le préparer (et me préparer) avant de franchir cette première étape. Je l'ai laissé au chantier Estuaire Marine Service à Plouër sur Rance. Sortie et mise à l'eau sont faciles et Marco le gérant m'a énormément aidé pour les travaux. J'ai démonté le safran, la mèche a été redressée au marbre et une nouvelle pelle retaillée (suite aux vilains cailloux de Guernesey) par le chantier. La quille et une bande de 30cm de large de la coque ont été sablées et laissée à dégorger pendant 2 mois. J'ai constatés quelques taches d'osmose de la taille d'une pièce de 1 euros, pas de quoi fouetter un chat, j'ai traité par le mépris. J'ai enlevé le vieux joint de quille fendillé par endroit. Après un nouveau sablage de la quille, j'ai appliqué dans la foulée un primaire époxy (4 couches), Puis rebouché le joint de quille au ciment époxy. Marco a alors posé sur la liaison quille-coque une stratification époxy de 40 cm de large. Bref, l'eau peut venir par la coque, je l'attends. La mise au sec à Viana do Castelo a montré une coque impeccable avec une liaison quille –coque tout à fait invisible. De ce côté là, je devrais être tranquille pour les quelques années du voyage en matière d'osmose et d'étanchéité des œuvres vives.

 

3) Budget du projet

Mes moyens financiers étant, comme pour beaucoup, inversement proportionnels à mon envie de voyager, je me suis obligé à ne pas mettre plus de 15 000 € (dix briques d'autrefois) dans l'achat du bateau afin de garder de l'argent pour le voyage et cela m'a obligé à être patient et à chercher en Manche et Atlantique plutôt qu'en Méditerranée.

 

Achat du bateau : 15 000 €

Travaux divers : 2 300 € (dont 1 500 € avant le départ)

Equipement : 3 200 € (survie, balise, pilote, panneau solaire, GPS, cartes, vêtements…)

Total : 20 500 € (C'est vrai que ça fait un compte rond un peu facile, mais c'est à

500 € près ce que m'a coûté Alizé depuis son achat)

 

3) Fond de roulement

Budget de voyage : ± 400 € / mois (entre 100 € et 150 € pour le bateau, le reste pour le marin)

Jusqu'à présent ça passe (bien sur je ne dîne pas au resto tous les soirs), mais c'était l'hiver et les marinas sont moins chères. En été, je serais certainement souvent au régime mouillage.

 

En m'en tenant à ce budget, et après avoir payé mes impôts, je peux tenir deux ans sans travailler, mais je suis plus ou moins sûr que des opportunités de gagner de l'argent se présenteront lors du voyage et permettront de pousser Alizé plus loin…


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Fiche technique
 

Nom commercial : SIROCCO Chantier : MISTRA (Barcelone) Année : 1971

 

Longueur hors tout : 9,25M Longueur flottaison : 7,9M

Maître bau : 2,9M Poids : 4,4 T

Surface voilure : ˜ 50 M² Couchage : 5 (2+1 carré et 2 avant)

Armement : 2 ème catégorie *

Electronique : Loch-speedo, sondeur, girouette-anémo, radar, pilote, GPS (connexion NMEA entre ces trois derniers)

Moteur : Nanni Diesel 18 CV avec alternateur « gonflé »

Batteries : 3 (75 AH moteur + 150 AH service) avec répartiteur électronique

Energie : 1 panneau solaire 50W / 3,5A

Eau douce : 200L sous pression

Gasoil : 100L (25L réservoir + 75L jerricans)

Grand-voile : ˜ 15 M² . Drisse et trois bandes de ris automatiques ramenés au cockpit.

Génois : Sur enrouleur Spi et tangon

Sécurité/météo : Survie classe II, Balise Satellite bi-fréquence, VHF, récepteur BLU

Mouillages : 2, mixte chaîne & textile. Tout à la main, il n'y a pas de guindeau.

Cambuse : 2 feux gaz, 1 glacière avec groupe froid 12V, 1 four 220V au port

Conservateur d'allure

 

La carène et La garde robe d'Alizé le positionnent dans la catégorie des croiseurs de course-croisière. Toutes les manœuvres arrivant au pied de mât sont ramenées au cockpit et ce dernier est garni de 6 winchs, dont un gros Lewmar 40 placé au centre devant la descente et servant à embraquer indifféremment les deux écoutes de génois qui passent au travers des hiloires par des ouvertures prévues à cet effet. Le plan de pont et la garde robe d'origine ont été modifiés il y a 6 ans pour installer une capote qui protège la descente et un portique arrière pour supporter un radar. Sa carène rappelle celle de l'Arpège. Les deux bateaux sont contemporains l'un de l'autre et ont plus ou moins les mêmes cotes.

 

Etat du bateau

Je ne suis pas un expert maritime, mais le fait d'avoir navigué sur de nombreuses unités plus ou moins neuves et dans divers états depuis des années, ainsi que les travaux que j'ai réalisé sur Alizé après l'avoir acheté (notamment refaire la jonction quille / coque) et les bons coups de vent que j'ai étalé depuis sa mise à l'eau en août dernier me permettent d'affirmer de manière assez péremptoire que mon bateau est tout à fait sain structurellement. La coque ne va pas se délaminer au détour d'une manœuvre un peu violente (ça arrive plus souvent qu'on ne le pense) et que la mature (d'origine) supporte des vents conséquents. Les voiles sont récentes et l'électronique fonctionne correctement. Bien sur, la coque est un peu osmosée par endroit (je l'ai vu lors du sablage du bas de la coque pour refaire le joint de quille), mais un bon traitement par le mépris a réglé le problème pour les dix prochaines années. Sur les coques plastiques des années 70, les matériaux de stratification sont nettement moins sensibles à la progression de l'osmose que les polyesters actuels et ma coque ne risque pas de cloquer dans l'immédiat.

Dans tous les cas, au cours du voyage, je vais certainement mettre le bateau au sec de temps en temps (comme je l'ai fait il y a deux semaine à Viana do Castelo) ce qui me permettra de constater l'éventuelle apparition de cloques, signe d'un « osmosage » de plus en plus profond. Mais je ne suis pas vraiment inquiet. Je suis bien plus préoccupé par l'état du pont et du roof qui sont en sandwich polyester balsa (ou un autre bois léger et putrescible) et en de nombreux endroits, il ne reste que le pain du sandwich, la couche de bois ayant été ramolli par les infiltrations d'eau. Aux endroits vraiment mous, j'envisage de faire de petites découpes circulaires d'environ 5cm dans le gel coat du pont, puis de gratter et éliminer le bois pourri le plus loin possible à l'intérieur du trou avec une tige de métal avant d'y injecter de la mousse polyuréthane en bombe puis de re stratifier. Pour cela il vaudrait mieux que je rencontre quelqu'un ayant déjà fait de la stratification pour me guider, car ça risque d'être difficile à faire sous le contrôle de Marco (le préparateur d'Alizé qui est à Plouër sur Rance), même avec l'internet à haut débit…

 

Consommation et autonomie.

En route, outre le panneau solaire qui devrait se révéler de plus en plus efficace au fur et à mesure que nous nous approcherons des tropiques, pour recharger les batteries et assurer une disponibilité confortable en courant électrique, une moyenne de un litre de carburant par jour suffit. En marchant au moteur autour des 5 ND, la consommation est d'un peu plus d'un litre par heure. Tout ceci fait d'Alizé un bateau peu gourmand en diesel, d'autant plus que ses performances dans le petit temps permettent de retarder l'allumage du moteur. Avec les réserves du bateau ( 100 litres de carburant, 200 litres d'eau dans la cuve et plus de 50 litres en bouteilles et bidons) je peux théoriquement compter sur trois mois d'autonomie, ce qui me suffit amplement.

 

Charge utile. Au départ d'une navigation, avec tous les pleins, la charge est d'environ 800 KG répartis comme suit : - Moi : 100 KG

- Eau & gasoil : 350 KG

•  Nourriture & vin : 100 KG

•  Divers : 250 KG (mouillages, bouts, voiles, matos divers)

 

Les choses à améliorer impérativement (et le plus vite possible)

•  L'étanchéité du pont au niveau du cabinet de toilette et du hublot de la cabine avant

•  Le remplissage du réservoir de gasoil en route (à chaque fois j'en renverse. Ça pourrit tout le cockpit, mes fringues puent durablement et vraiment ça me gonfle…)

•  Trouver une annexe pour pouvoir assurer un certain confort lors des mouillages forains.

 

Les choses à améliorer dès que je pourrais me le permettre financièrement

•  Aménager un espace dans un des coffres du cockpit pour y caler une grosse bouteille de gaz et poser un tuyau allant jusqu'au réchaud.

•  Poser un sondeur qui « voit » devant le bateau (les prix commencent à devenir raisonnables)

•  Ajouter un panneau solaire et une batterie de plus

•  Construire une plate-forme arrière (mais avec la place prise par le conservateur d'allure ça risque d'être un peu difficile)

 

 

 

*il y a deux types de catégorie :

- la catégorie de navigation (6eme, 5 eme, 4eme, 3eme, 2nde et 1er). C'est une classification franco francaise. Elles définissent le périmètre de navigation accordé au navire. Elles ne sont pas fonction du navire a proprement parler (sf la 6eme), mais fonction de l'armement de sécurité obligatoire. En gros et en résumé : 6 : 2 milles d'un abri 5 : 5 milles d'un abri 4 : 20 milles d'un abri. La grosse transition de l'armement est l à, car cette catégorie impose pour les navires non insubmersibles un rad eau de survie. 3 : 60 milles d'un abri 2 : 100 milles d'un abri 1 : illimité

- la catégorie de construction. C'est une classification européenne (A,B,C,D). Elles sont totalement liés au bateau et définissent pour quelles conditions de mer et de vent le bateau est "autorisé" à naviguer. Il y a un rapport entre les deux, je rappelle seulement que la catégorie C c'est force 6 et 2m de creux et que pour être autorisé en 5eme, il faut que le bateau soit A, B ou C.

Voir la documentation des affaires maritimes en pdf

Autre document pdf sur l'armement de sécurité, les radeaux de survie et la conformité (Conférence de presse de François Goulard du 17 septembre 2004)

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